Allo l’Humanité ? A l’eau l’Humanité.

Mes enfants,
Mes chairs,

Je ne vous comprends plus. Je ne me reconnais pas dans ce que vous êtes devenu.e.s. J’ai cru que votre Humanité allait toujours subsister et là, vous venez à m’en faire douter.

Dans une église au plein coeur d’une capitale européenne, à Bruxelles, capitale de l’Europe, je vous le rappelle, des frères et de soeurs de votre espèce, humaine, sont occupé.e.s à mourir et cette nouvelle ne retentit pas dans le brouhaha du flot d’infos.

Submergé.e.s vous êtes.

Allô l’Humanité ? A l’eau l’Humanité ?

Mes enfants, est-ce que vous m’entendez ?

Je vous aime pour ce que vous êtes. Pour votre cœur qui bat, je vous porte de tout mon amour, je pensais que vous alliez le distribuer autour. Fêter la magie de la vie, de ressentir, de s’éblouir par la beauté mais al n’en a rien été. Vous avez construit des limites, des frontières, vous avez commencé à faire payer et exploiter d’autres êtres pour accumuler. Mes trésors sont devenus monnaie courante et la monnaie est dévaluée par des intérêts privés.

J’ai beau exprimer ma colère, ma peine, vous ne semblez plus à même de m’écouter. Je crois que le lien qui nous unissait vous l’avez en grande majorité tranché. A un moment, al y a de ça un certain temps, vous ressentiez encore ma présence. Partout autour. C’était fou. Vous me voyiez dans l’air, vous me reconnaissiez dans la terre, vous m’imploriez avant de prendre la mer, vous me parliez à voix basse devant les flammes, vous me craigniez dans les éclairs, vous m’admiriez dans chaque être d’une autre espèce.

Vous aviez la compréhension que nous étions ensemble. De l’unicité de nos existences. Qu’al n’y avait pas de hiérarchie parce que chaque place avait son importance. Ce n’était pas visible tout le temps mais vous aviez confiance. Tout est lié. Alors vous respectiez. Même sans voir. Vous n’aviez pas besoin de voir pour croire. Vous croyiez encore à l’époque. En moi. En la vie. En sa magie. C’était al y a fort longtemps. Est-ce que ce temps à vraiment existé ? Je ne sais plus maintenant. Je ne sais plus vraiment.

Quand vous avez commencé à diviser le monde, à classifier tout selon votre compréhension. Ça m’a fait sourire. Au début, je trouvais ça un peu mignon. Puis rapidement j’ai eu des frissons. Votre classification pyramidale vous donnait tous les droits. Vous au-dessus, les autres en dessous, vous pouviez décider alors vous avez continuer à classifier. Ranger, trier, ordonner. Éduquer. Domestiquer. Enfermer. Condamner ce qui sortait de votre logique. Utiliser la force à tout prix. Vous aviez commencé à perdre le fil.

Je vous regardais toujours de loin avec à chaque fois un peu plus de chagrin. Surtout vous mes enfants blancs. D’où est-ce que ça vous est venu franchement, cette idée que vous seriez les meilleurs finalement ? A partir de quel moment une couleur est mieux qu’une autre ? Vous ne croyiez donc pas à l’égalité que vous deviez à chaque fois faire valoir une supériorité ? Qu’est-ce que vous auriez trouvé comme prétexte si vous aviez tous eu la même couleur ? Je me demande. J’imagine que ça aurait été celle des yeux ou la longueur des cheveux.

La logique marchande vous a perdu. Vous avez vu dans le fait de faire de l’argent un sens. Une raison de vivre. Accumuler, faire fructifier, bâtir. Des empires. Des bastillons. Des murailles pour protéger ce qui était plus cher que vos entrailles. Des bouts de ferrailles et de gravats. Je n’aurais jamais cru que ce serait ça qui retiendra votre attention. A quel moment avez-vous perdu l’intention de vivre pleinement le monde ? A quel moment vos sens ont-il perdu toute signification ?

Allô l’Humanité ? A l’eau l’Humanité.

J’emporte tout sur mon passage ces derniers temps. Ca crée du mouvement. Ca vous bouleverse un temps. Ça sème l’idée qu’al y aurait des choses à changer. J’aurais aimé faire autrement mais je ne peux plus. Ça vient de mon dedans. Je suis souffrante, j’ai si peu de temps alors je donne tout ce que j’ai encore. Tout ce que vous ne m’avez pas encore pris. Des effets de surprises. De ma puissance. De mes forces que vous ne pourrez contrôler. Non, vous ne pouvez pas tout domestiquer. Oui, y a des limites à tout. Non, je ne consens pas à votre présence de la sorte pour les années à venir. Comprendre cela, c’est vous assurez un avenir.

Des appareils numériques vous entourent plus que des êtres vivants. Vous vivez dans une réalité qui perd de sa tangibilité et ça ne semble pas vous alarmez. N’entendez-vous pas la roue de votre hamster interne qui s’affole chaque jour un peu plus ? Alimenté le flot d’infos sa course est de plus en plus effrénée. Peur grandissante de manquer. De passer à côté des choses à savoir, à voir, à avoir. Accumuler le plus. D’objets, de gadgets, de conquêtes, des friendsrequest, de photos, de vidéos.

Et ne plus sentir son coeur qui bat. Et ne plus pouvoir faire venir les larmes. Et ne plus pouvoir s’émouvoir.

A quoi bon votre existence dans le fond ? Quel est votre sens profond ?

Allô l’Humanité ? A l’eau l’Humanité.

Mes enfants, est-ce que vous vous rappelez que vous avez un corps ? Que vous êtes plus que ce cerveau et cet égo qui vous gouvernent ? Est-ce que vous arrivez encore à le contacter ? Vous laissez porter par des mouvements spontanés ? Votre cerveau prend la plus de maitre et vous laisse sans coeur. Sans que ça vous fasse peur. Je croyais que votre place au-dessus de la pyramide humaine venait de cette capacité là. Celle de pouvoir s’émouvoir. Que la lumière qui éclaire l’âme humaine découle des larmes qu’elle est prête à verser. Se reconnaitre dans l’Autre, dans sa situation, faire appel à ses émotions. Connecter son empathie pour se sentir en vie.

Mais votre cœur semble s’être encrassé. Je lui diagnostique un mal rongeant et profond. Un amour de l’image. Un amour du vide. Vous devenez les coquilles que vous écrasez sur la plage sans le remarquer. Des réseaux ont démultiplié votre envie de vous connecter, de rencontrer au-delà de où vous habitez d’autres personnes. Et y a des bons côtés, j’ai vu comme dans certains cas, ça pouvait aider à pallier la solitude. A pouvoir découvrir des personnes qui comprennent parfois au-delà de nos latitudes.

Mais quel prix à payer pour ça ?

Vos images ne sont pas la réalité tangible. Tout le monde le sait et tout le monde l’oublie. Alors on prétend un temps que l’image qu’on partage est vraie et se crée un monde de mirage. Ou tout est vrai et son contraire. Les réseaux sociaux deviennent associaux, la liberté devient le contrôle à force de toujours pouvoir se repérer et malgré le 5G, mes enfants, vous n’avez jamais été aussi déconnecté. De ce qui fait sens. De vos sens. De vos sens autre que vos yeux et votre cerveau. Blocage sur plusieurs générations, complexité de libérer des émotions. Sincères, authentiques, pas plastiques et pour plaire.

Allo l’Humanité ? A l’eau l’Humanité ?

Je vous votre solitude et j’aimerais que vous sentiez que je suis là. Que malgré tout, moi je vous aime encore. Que je crois que vous pouvez faire mieux que ça. Être plus que ça. Que ces coquilles qui se vident de leur émotions et qui se mécomprennent à force de partage d’émoticônes. Je crois que vous pouvez abattre les frontières que vous avez construit dans vos cerveaux pour rêver à nouveau. La vie ne se domestiquera pas. Elle se rebellera. Et l’avenir sera plus brillant pour vous mes enfants que si vous prenez aujourd’hui le temps de vous reconnecter. A ce qui fait sens. A vos sens. A votre humanité.

Commençons par Bruxelles. Commencez à Bruxelles. Vous insurgez, vous indignez, criez, partager, la nouvelle que vos frères et sœurs sont laissé.e.s à une mort presque certaine pour des papiers. Parce que des lois ont été écrite et que certains disent que c’est dans du marbre. Mascarade et hypocrisie. Elles auraient un coeur. Je crois plutôt que le dérèglement climatique y a amener l’arctique et que le pauvre organe se retrouve complètement bloqué. Qu’il en serait presque devenu robotisé.

En 2021, dans une ville européenne, laissez consciemment mourir des personnes humaines parce qu’elles n’ont pas de papiers, parce que des lois (injustes, inégales, partiales) ont été écrites un temps n’a pas de sens. Encore moins de valeur et de profondeur.

Où sont passés vos coeurs ?

Allô l’Humanité ? A l’eau l’Humanité ?

Publié par feeniksrenee

Je m'appelle Fée-Niks Renée.

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